Agir au présent pour que tous les étudiants puissent bâtir un avenir sans entraves financières.

Conseil de Métropole du 25 Septembre 2023

Délibération N°2023-1832
Contrat de plan État-Région (CPER) 2021-2027 – Construction de logements sociaux étudiants – Individualisation partielle d’autorisation de programme

Intervention prononcée par Nathalie Perrin-Gilbert pour le groupe Métropole en commun

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les élus, 

Nous sommes capables de nous fixer des objectifs ambitieux, nous le voyons avec la question de la transition écologique par exemple durant ce mandat. Nous le faisons pour le futur, pour les générations à venir. Et tel est notre devoir. 

Mais nous préoccuper du futur, des enfants et des générations à venir, ne peut pas nous faire « enjamber le présent ». Et au présent, parmi les populations les plus vulnérables, il y a les jeunes et parmi eux les étudiantes et étudiants. 

Il n’est pas supportable et assez incompréhensible qu’à l’occasion de chaque rentrée universitaire, nous fassions le même constat : la difficulté de plus en plus grande des étudiantes et étudiants à se nourrir, se déplacer, se cultiver, se loger, en d’autres termes la difficulté de plus en plus grande à pouvoir étudier et vivre dignement. 

La question est bien-sûr nationale et le groupe la Métropole en Commun a lu attentivement la tribune rédigée et portée par quatorze présidentes et présidents d’université, parmi lesquels la présidente de Lyon 2 et le président de Lyon 3. Une tribune publiée par le journal Le Monde le 19 septembre dernier dans laquelle présidents et présidentes d’université appellent à la mise en place d’une allocation d’études pour tous les étudiants afin de libérer les jeunes du « fardeau du stress financier » qui affecte leur réussite comme leur santé. 

Il nous faut une politique publique nationale forte et pas seulement des aides et des mesures ponctuelles et ciblées reposant sur le réseau associatif. Bien sûr, le réseau associatif est essentiel et je salue le soutien de la Métropole à ces structures ce matin. Mais une politique publique, si elle s’enrichit et se renforce de l’apport et de la diversité des associations, repose d’abord sur un engagement des pouvoirs publics. 

Je ne doute pas que les parlementaires siégeant sur ces rangs ont pris connaissance de la tribune évoquée précédemment, de cette alerte et de ce plaidoyer des présidents et présidentes d’université et qu’ils les porteront auprès de la ministre et du gouvernement. Ceci dans un contexte d’inflation généralisée et de perte de pouvoir d’achat du plus grand nombre de nos concitoyens.

Pour autant, 

Si une politique nationale de la vie étudiante est attendue, nous devons regarder précisément notre territoire. Et nous sommes bien obligés de constater que, classement après classement, Lyon et sa métropole baissent dans le classement des villes étudiantes réalisées chaque année par le magazine spécialisé l’Etudiant. Et même si je reste toujours très prudente avec ces classements, nous devons tout de même être alertés par notre passage en quelques années de la 2e à la 11e place, loin derrière le trio de tête Rennes, Strasbourg et Montpellier, ville lauréate.

Parmi les points positifs qui nous permettent la 11e place, sont notés la grande diversité de prépas et grandes écoles ainsi qu’un marché de l’emploi dynamique. En effet, l’attractivité du site universitaire métropolitain auprès des étudiants reste importante avec des effectifs étudiants en très forte hausse. Comme le rappelle la délibération, plus de 195 000 étudiants sont attendus à l’horizon 2029.

Parmi les critères qui nous font chuter dans le classement, nous trouvons d’abord la qualité de l’air jugée mauvaise et tout de suite après l’offre de logements abordables estimée très insuffisante. Suivi de l’accès aux soins. C’est donc bien les conditions de vie, et parmi elles les conditions de logement dans la ville et la métropole qui sont sanctionnées dans le classement.

La recherche d’un logement est un parcours du combattant qui accroît les inégalités sociales entre étudiants.  Nathalie Dompnier, présidente de Lyon 2, l’a dit récemment : de plus en plus nombreux sont les étudiantes et étudiants qui décrochent ou qui renoncent tout bonnement à étudier, faute d’avoir trouvé un logement ou à force de devoir travailler toujours plus pour pouvoir payer leur loyer et leurs factures. 

Aussi, le groupe Métropole en Commun aurait préféré une ambition plus forte pour le logement social étudiant. La délibération le dit elle-même. Je cite : « On estime à 4.850 le nombre minimum de places supplémentaires qui pourront être créées entre 2023 et 2029, au vu des projets, d’ores et déjà, connus. Si ces projets se réalisent, 9,5 % des étudiants du territoire pourront ainsi bénéficier d’un logement social dédié, pour un objectif national établi à 10 %. »

Nous sommes en train d’entériner le fait qu’en 2029, nous serons encore en dessous de l’objectif national de 10 % de logements sociaux étudiants par rapport à la population étudiante ! A quoi rime le fait de contractualiser avec l’Etat un plan qui ne répond pas à la norme nationale ?

Notre groupe a également une remarque, ou plutôt une question, concernant le financement à hauteur de 3.000 € par place dans les cas d’opérations où la fonction sociale n’est comprise qu’entre 15 et 40 ans. Que se passe-t-il après les 15 ou 20 années de conventionnement ? La place subventionnée retourne-t-elle dans le privé ? Avec quel dispositif de sortie ? Un rattrapage immédiat du marché privé ? Un rattrapage progressif ? Nous sommes favorables à ce que le recours au conventionnement à 15/20 ans de ces logements étudiants nouvellement créés soit limité, car au regard du déficit structurel que nous connaissons, nous devons stabiliser l’offre de logements sociaux étudiants sur le long terme.

Au-delà de cette question de l’accès au logement, le groupe Métropole en Commun rappelle son attachement aux études menées sur la gratuité des transports en commun. Et en attendant l’avancée de ces réflexions sur une mise en accès libre de nos transports collectifs, nous demandons la gratuité des transports pour tous les jeunes de 18 à 25 ans, ce qui aurait le mérite d’alléger les dépenses mensuelles des étudiants mais aussi des jeunes travailleurs et de tous les jeunes gens sur notre territoire, résidents permanents ou temporaires. Nous avons le moyen de mettre en œuvre cette décision, sans attendre ni l’Etat ni la Région. Nous pouvons le faire, faisons-le, au présent.

Parallèlement, je salue le fait que le musée Confluence, dont la présidente Fanny Dubot siège dans cette assemblée, est gratuit pour les étudiantes et étudiants jusqu’à 25 ans. Adjointe à la culture dans une autre collectivité, je me permets de rappeler ici que mon groupe est attaché au passage à la gratuité pour les étudiantes et étudiants de l’autre musée métropolitain, Lugdunum, mais aussi des six musées lyonnais depuis le Mac jusqu’au Musée des Beaux Arts, en passant par le Musée de l’Imprimerie, Gadagne, Malartre, et le CHRD.  Nous pouvons le faire, faisons-le, au présent. 

Je vous remercie pour votre attention.

Groupe Métropole en commun

20 rue du lac

69003 Lyon


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